Témoignage du Révérend Grant Sutherland

J’écris ce témoignage sous un pseudonyme ; j’ai aussi changé le nom de certains lieux pour protéger mon identité. Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, je ne gagnerais rien à révéler mon vrai nom, quand il y a tant de diffamateurs prompts à harceler tout personnage public prêt à prendre position pour Laura Knight-Jadczyk et son travail. Si cela est nécessaire, je peux toujours témoigner sous mon vrai nom dans un document préparé et enregistré par les autorités légales compétentes. Mais pour le moment, je veux préserver un certain niveau d’anonymat. Cela n’enlève toutefois rien à ce que j’ai à dire. Je prends simplement mes responsabilités, en reconnaissant la nature du monde dans lequel nous vivons.

Je suis prêtre au sein de l’Église anglicane. En tant que religieux, mon travail, ma responsabilité est d’enquêter sur les questions spirituelles, dans l’intérêt de la société en général. Pour nombre de gens au sein de notre société sécularisée, cette vocation peut sembler étrange – mais elle est estimée dans de nombreux milieux, et fait partie d’une tradition de longue date. Une croyance commune veut que la prêtrise soit intrinsèquement conservatrice, et cela est vrai à bien des égards – bien qu’il y ait deux voies à considérer. Une voie pourrait être appelée la « voie du littéraliste » : il s’agit du prêtre qui cherche simplement à perpétuer la tradition qu’il ou elle a reçue. L’autre voie pourrait être appelée la « voie du chercheur ». Là, le prêtre, tout en perpétuant la tradition, explore néanmoins ses implications plus profondes.

Idéalement, tout prêtre utile à sa communauté a probablement débuté comme littéraliste, avant d’explorer plus avant la tradition afin de la comprendre. Et c’est probablement vrai pour tout chrétien. Selon ma propre tradition, celle de l’Église anglicane, cette façon de penser n’a rien de singulier. Elle est illustrée par les travaux exploratoires, empreints de bon sens, de mystiques médiévaux anglais tels que Julienne de Norwich ou encore l’auteur anonyme de The Cloud of Unknowing [Le nuage de l’Inconnaissance – NdT] et, plus tard, par les mystiques anglicans, lesquels avaient peu de temps à perdre en blabla, mensonges ou sensiblerie facile. Selon leur compréhension, le christianisme était une foi robuste qui n’avait pas besoin de protection ni d’apologétique pour être crédible. Et c’est aussi mon point de vue, parce qu’il favorise l’ouverture d’esprit et de cœur qui permettent à l’Esprit saint d’évoluer librement comme il le souhaite, et d’indiquer les voies mystérieuses du Divin.

Mon voyage dans la foi a débuté lorsque j’étais adolescent ; j’accordais beaucoup de valeur à la Bible – surtout aux paroles de Jésus. Après avoir fréquenté les églises anglicanes et méthodistes, je suis entré à l’université pour y étudier les langues anciennes, en priorité celles de l’Asie mineure, ce qui signifiait une familiarité avec l’Ancien Testament. J’ai également travaillé comme étudiant en archéologie pendant quelques mois dans la région. Ayant voulu consacrer ma vie à Dieu, je suis entré dans un monastère dans le Suffolk après avoir obtenu mon diplôme, pour y suivre une formation, à l’issue de laquelle j’ai pu contribuer à la construction d’un nouveau monastère en Ouzbékistan. Après cela, j’ai été formé pendant trois années en théologie pastorale avant d’être ordonné prêtre.

Au cours de mon travail paroissial, il m’est apparu extrêmement clair que la simple adhésion à une compréhension littéraliste du christianisme n’était pas suffisante pour ceux qui venaient à l’église. La souffrance intérieure vécue par nombre de chrétiens était peut-être adoucie par leur foi, mais ils avaient clairement besoin d’autre chose. Je me suis donc mis à explorer plus avant les profondeurs de cette foi. En 2004, je suis tombé sur le travail de Laura sur Internet. Je cherchais de plus amples informations sur la psychopathie, et j’ai découvert une profusion d’articles sur le sujet sur le site Web Cassiopaea – ainsi que certaines réflexions très profondes sur la foi chrétienne.

Laura et moi avons eu plusieurs échanges email à propos de sujets bibliques, et elle m’a permis de me mettre à jour dans mes lectures sur la Bible, ce qui m’a énormément aidé. Laura est elle-même une brillante exégète de la Bible, et ses réflexions approfondies m’ont beaucoup aidé dans mes efforts pour comprendre comment la Bible avait été assembléee. Dans les universités du monde entier, il y a beaucoup de recherches en cours sur le sujet, mais la plupart des chrétiens n’y ont malheureusement pas accès – ce qui est vraiment regrettable, car les ramifications de ces recherches sont potentiellement très importantes pour nous tous. Le travail de Laura sur la Bible – travail entièrement fondé sur sa dévotion clairement manifeste pour le divin – a été d’une grande importance pour moi, m’aidant à comprendre de façon plus élargie les voies de l’Esprit saint. Je ne saurai trop assez la remercier pour cela.

Laura et moi nous sommes rencontrés pour la première fois en janvier 2010, lorsqu’elle m’a invité chez elle ; depuis, j’ai passé trois mois au total  chez elle en tant qu’invité, à travailler sur le matériel biblique. Laura est terre-à-terre et d’un abord facile, elle a beaucoup de sens pratique. Elle n’est pas avare d’encouragements, et est vraiment soucieuse des autres. J’ai également assisté à quelques séances expérimentales de communication supraluminique via une planche aux esprits, et je peux assurer à tout le monde que cette activité est étroitement supervisée et qu’elle est conduite avec respect et courtoisie pour l’inconnu, mais que tout se déroule néanmoins dans une atmosphère enjouée et conviviale. Ces séances n’étaient ni des communications avec les morts, ni un « flirt » avec l’occulte – en aucune façon : il s’agissait d’expériences scientifiques sérieuses, qui n’ont jamais versé dans le théâtral ni l’inconvenant.

Beaoucoup de gens montrent une certaine appréhension face à ce genre d’instruments– ce qui est sans doute pour le mieux. Le monde spirituel, à propos duquel nos connaissances scientifique sont encore limitées, est une sorte de jungle, comme peuvent en témoigner nombre de prêtres. Laura elle-même a déjà conduit ce que l’Église appellerait des « exorcismes », dans le prolongement de son travail et de sa formation d’hypnothérapeute qualifiée ; il faut beaucoup de maturité, sans parler de courage, pour se frotter à ce qu’on pourrait de façon euphémique qualifier d’Esprit mauvais. Cela ne veut pas dire que l’Église elle-même comprenne pleinement ces choses – et elle l’admet d’ailleurs franchement, du moins en privé – mais la réalité de l’intensité du mal spirituel qui frappe certains individus est quelque chose que la société estime du ressort et de la compétence de l’Église. Il est important de noter que Laura a fait montre d’une grande compétence et d’une grande perspicacité psychologique à ces occasions. Je le sais, parce que j’ai écouté très attentivement les enregistrements cassette de l’un de ces exorcismes.

Deux choses ressortent de cela, selon moi : elle n’a jamais fléchi, même sous les assauts psychologiques d’un mal dirigé qui aurait mis par terre la plupart d’entre nous ; et elle n’a pas succombé à la tentation de s’instituer comme maître de l’esprit mauvais. Cela demande une sagesse et une humilité extraordinaires, lorsqu’on se trouve confronté à quelque chose de manifestement mauvais et, à vrai dire, d’inconnu.

Ce genre d’expérience place Laura en bonne position en ce qui concerne les interactions avec le monde spirituel, qui regorge indéniablement de dangers, mais aussi de bienfaits pour l’humanité – du moins en potentiel. Toutefois, comme pour n’importe quelle information obtenue d’une source spirituelle, la vérification constante est de mise – et pour cette raison, la plupart des travaux de Laura  consistent en des recherches assidues d’un haut niveau académique. C’est certainement la personne la plus érudite que j’aie jamais rencontrée, et un auteur brillant sur les questions spirituelles – ce qui en soi n’est pas une tâche facile, beaucoup d’écrits contemporains sur le sujet pouvant se révéler assez médiocres ou verser dans la mystification. Laura, quant à elle, n’est rien de tout cela. Elle est claire, directe et aime creuser en profondeur.

Tout cela pourrait sembler quelque peu abscons – mais le travail de Laura a des implications concrètes. Notre monde est assailli par le mal sur bien des fronts. Par certains aspects, ce mal n’est que de l’ignorance ordinaire, mais il peut également prendre des formes très directes, intentionnelles. Les recherches en psychologie que Laura continue à mener se focalisent sur les dégâts commis dans des contextes familiaux et relationnels narcissiques, et ceci a de nettes implications pastorales, comme on peut le voir sur son forum Internet. Elle a aussi examiné les blocages entravant la progression personnelle des individus, dans leurs efforts pour devenir plus mûrs et responsables. Ces outils permettant une connaissance de soi plus profonde sont inestimables – et par le travail, on en découvre toujours plus. Un succès notable ici est la récente création de Eiriu Eolas, une série de techniques de respiration qui relaxent l’esprit et le corps en profondeur, et libèrent les blocages émotionnels profondément enfouis.

Laura et ses associés se concentrent aussi sur les dégâts commis par les psychopathes – les personnes dépourvus d’une conscience fonctionnelle. La dévastation et le désarroi causés par les psychopathes ont un impact durable sur chacun d’entre nous en tant qu’individus. Mes propres recherches ont révélé que les psychopathes sont la cause première de la détérioration continue de la société, qu’ils ont déformée et dégradée. Dans les affaires et en politique, sans parler des sciences, beaucoup de dégâts ont été commis. Il est maintenant clair que la plupart des misères de la guerre et de l’exploitation économique sont largement causées par de tels individus.

Laura a contribué à la publication d’un livre particulièrement important : Ponérologie politique, du psychologue polonais Andrew Lobaczewski, qui explore les mécanismes par lesquels une société peut être brisée par des psychopathes qui tiennent les rênes du pouvoir politique. En effet, on trouve beaucoup d’individus de ce genre à des postes de dirigeants nationaux, ce qui devrait nous causer beaucoup d’inquiétude. Les psychopathes et ceux qui les soutiennent : les personnalités autoritaires – la masse des gens qui suivent simplement ce qu’on leur dit de faire, du moment qu’il s’agit d’une figure d’autorité, ou perçue comme telle – contribuent à causer des souffrances indicibles. Et d’ailleurs, la vie religieuse elle-même a été profondément corrompue par de tels individus.

En jetant la lumière sur ces choses, Laura et ses alliés ont dû subir (c’était prévisible) des attaques. Ceux qui l’attaquent prospèrent dans les ténèbres. Les détracteurs ont tenté de dépeindre le groupe de Laura comme une secte, dans l’espoir que s’ils la traînent suffisamment dans la boue, celle-ci collera assez longtemps pour susciter des soupçons. C’est pourquoi j’ai écrit ce témoignage. Je suis témoin de la vérité, et cette vérité est que Laura est une chercheuse. C’est ce qui la fait avancer – la quête de la vérité, si tant est qu’on puisse la connaître. Cette quête, en plus d’être scientifique, est donc aussi nécessairement spirituelle. Cela peut paraître singulier, dans un monde où la recherche tend à être quelque peu fragmentée, mais en fait cela n’a rien d’inédit. C’est, après tout, tout à fait dans la ligne du « chercheur » chrétien « adulte », et d’une approche holistique des sciences. L’équipe de chercheurs associés, qui inclut aussi le mari de Laura – un physicien universitaire respecté – suit également cette approche, et un fort sentiment de communauté unit les membres de ce qui, en essence, constitue une association de recherche.

Pour toutes ces raisons, je recommande chaudement Laura et son projet Cassiopaea, une initiative courageuse et intègre dont le but est d’en apprendre plus sur nous-mêmes et notre condition, dans un contexte matériel comme spirituel.

10 avril 2011

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